À première vue, ce ne sont que des chiffres. Froids, alignés, noir sur blanc. Mais derrière eux se cache peut-être une histoire prometteuse. La Valaisanne de 14 ans Romy Gattlen a disputé 47 matchs de tennis officiels en 2025: 29 en Suisse et 18 à l’étranger, principalement dans les pays voisins. Elle a quitté le court dans la peau de la gagnante à 30 reprises. Jacob Kahoun est l’un de ceux qui connaissent bien ce talent... et qui le découvrira encore mieux à l’avenir. Le Viégeois de 33 ans est entraîneur à plein temps dans une école de tennis de Zofingue. Depuis quatre mois, Romy Gattlen s’entraîne trois jours par semaine chez lui et son équipe. Elle fait la navette entre le Haut-Valais et le canton d’Argovie. Dès l’été prochain, ce ballet chronophage prendra fin. Gattlen déménagera à Aarau pour intégrer le gymnase sportif cantonal. D’ici là, elle fait partie du programme «sport-études» du CO de Viège. Kahoun dit en souriant à propos de Gattlen: «Elle adore gagner. Elle déteste perdre. Une combinaison dangereuse qu’il faut d’abord canaliser dans la bonne direction quand on est une jeune sportive. Cette attitude aide dans le sport d’élite, mais pour l’instant, le résultat ne représente pas encore tout.»
Le fait que Gattlen se fasse aujourd’hui – discrètement mais sûrement – un nom sur la scène tennistique suisse a également des racines familiales. Le père Kilian (52 ans) était un bon joueur de tennis et sa sœur aînée Ena-Maria (18 ans) a également pris la raquette en main très tôt. «Je leur tapais un peu sur les nerfs, parce que moi aussi je voulais absolument jouer. Dans ma tête, c’était clair que je voulais devenir la plus forte», se souvient Romy Gattlen. L’ambition s’est manifestée tôt. Aujourd’hui, la famille rit encore de la manière dont la petite dernière avait, déjà, déclaré une forme de compétition interne. Romy a grandi dans un esprit polysportif, curieux et ouvert à beaucoup de choses. En dehors de l’école, elle n’avait pas le temps de s’ennuyer. Ski, handball, natation, volley-ball: certains soirs, elle passait d’une salle à l’autre, d’un terrain à l’autre. Le volley occupait même une place spéciale. Jusqu’au moment où il a fallu trancher, car il était impossible de nourrir deux ambitions de haut niveau en parallèle. Début 2023, son choix s’est porté sur la petite balle jaune. «Je referais le même choix aujourd’hui. Je jouais au tennis depuis plus longtemps, j’y mettais plus de cœur. Et, finalement, je préférais quand même le sport individuel», explique Romy Gattlen.
Quatre mois après le début de sa collaboration avec ses nouveaux entraîneurs à Zofingue, la jeune Valaisanne dresse déjà un premier bilan: «Je suis devenue plus offensive et plus agressive en match. Mes nouveaux entraîneurs encouragent ça et je me sens de plus en plus à l’aise. Je pourrais et devrais monter encore un peu plus au filet, mais ça demande du temps et de la sécurité.» «Elle a l’avantage de comprendre rapidement les nouveaux éléments et contenus et de pouvoir les mettre en œuvre rapidement. La vitesse de la tête de la raquette est très bonne, ce qui l’aide également au service grâce à sa taille», explique son entraîneur Jacob Kahoun. Dans le classement suisse du tennis féminin mené par Belinda Bencic, Romy Gattlen passe l’hiver au 112e rang. Soit son meilleur classement personnel. Swiss Tennis a d’ailleurs récompensé Gattlen pour ses résultats et ses progrès. L’année prochaine, elle fera partie du cadre national de la relève M15. Une belle reconnaissance, tombée comme un cadeau de Noël et une motivation supplémentaire pour attaquer la nouvelle année.



