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6 septembre 2024, 11:36

Michael Lammer : « Le droit à une wildcard n’existe pas »

Pour les joueuses et les joueurs, les wildcards sont un cadeau. Une chance de faire leurs preuves lors de tournois qui leur serait autrement refusée. En Suisse, Swiss Tennis peut aussi distribuer de tels cadeaux. Mais à qui ? Et pourquoi ? L’entraîneur en chef Michael Lammer explique.

Les tournois internationaux organisés en Suisse sont importants pour les athlètes suisses, notamment parce que l’accès à ces derniers est plus facile que partout ailleurs dans le monde. En effet, lors de chacun de ces tournois, Swiss Tennis peut attribuer un certain nombre de wildcards à ses joueuses et joueurs, que ce soit pour le tableau principal ou pour les qualifications. Des plus jeunes (M12) aux professionnels, les talents suisses ont ainsi régulièrement l’occasion de se mesurer à un niveau qu’ils n’auraient pas encore atteint sur la seule base des résultats qu’ils ont obtenu jusqu’ici. Dans l’interview, Michael Lammer, entraîneur en chef de la promotion de la relève chez Swiss Tennis, parle entre autres des critères selon lesquels la fédération distribue les wildcards.

Michael Lammer, qui décide chez Swiss Tennis de l’attribution des wildcards ?

Cela dépend de quel niveau on parle. Pour les tournois M12 de Tennis Europe, la décision revient aux responsables des cadres suprarégionaux de Swiss Tennis. Pour les tournois M14 et M16 de Tennis Europe, pour les tournois M18 de l’ITF Juniors Tour ainsi que pour les tournois ITF professionnels moins importants, c’est moi qui ai le dernier mot. Lorsqu’il s’agit de tournois ITF plus importants ou de tournois ATP et WTA, ce sont les capitaines des équipes nationales qui décident au final. Dans ce cas, les tournois eux-mêmes poursuivent souvent leurs propres intérêts et ne mettent pas toutes les wildcards à notre disposition. En principe, il faut retenir que Swiss Tennis, les décisions concernant les wildcards ne sont jamais prises par une seule personne. Les décisions sont toujours prises en concertation avec différents acteurs, comme les coaches ou le directeur du département Sport d’élite.

Vous êtes toujours du même avis ?

Très souvent, oui. En toute honnêteté, cela s’explique aussi par le fait qu’en Suisse, nous n’avons pas un nombre infini de talents qui pourraient être candidats à une wildcard. Mais nous discutons toujours en détail afin de prendre en compte tous les aspects et tous les points de vue.

Quels sont les critères qui déterminent qui reçoit une wildcard et qui n’en reçoit pas ?   

Bien sûr, les résultats déjà obtenus et le classement qui en résulte pour l’athlète jouent un rôle important, de même que le fait d’appartenir ou non à un cadre. L’âge est également un facteur décisif. Ainsi, lors des petits tournois de l’ITF Juniors Tour, nous essayons de prendre en compte les jeunes de 14 à 16 ans plutôt que ceux de 18 ans. L’idée est de leur permettre de faire leurs premières expériences et, dans l’idéal, de marquer leurs premiers points à ce niveau. En revanche, un joueur ou une joueuse en dernière année junior devrait déjà avoir franchi une étape et, dans le meilleur des cas, ne plus du tout dépendre d’une wildcard lors de tels tournois. Il en va de même pour les tournois professionnels, où l’âge peut également être déterminant. Si, par exemple, deux joueurs sont plus ou moins à égalité dans le classement mondial, c’est plutôt le jeune de 19 ans en pleine ascension qui en profite que le joueur de 27 ans qui évolue déjà plus près des limites de son potentiel. Mais il y a toujours des exceptions, par exemple lorsqu’un athlète a été blessé pendant une longue période, qu’il a chuté dans le classement mondial et que c’est la seule raison pour laquelle il a de nouveau besoin d’une wildcard. D’une manière générale, nous tenons compte en premier lieu des facteurs durs mentionnés ici, mais nous analysons également les circonstances dans lesquelles ils sont apparus, ce que nous communiquons toujours de manière transparente.

Vous devez souvent décevoir des athlètes qui auraient espéré obtenir une wildcard. Comment réagissent-ils ?

Très bien, pour la plupart du temps. Nous essayons toujours de leur faire comprendre qu’il n’existe pas de droit à une wildcard. Celui qui ne peut participer à un tournoi que grâce à une wildcard ne s’est pas qualifié par la voie normale. Une wildcard doit donc être considérée comme un cadeau. Bien sûr, nous devons parfois prendre des décisions serrées lorsqu’il y a deux ou plusieurs candidat(e)s qui pourraient bénéficier d’une wildcard. Et du point de vue d’un ou d’une athlète, il y a toujours des raisons pour lesquelles il ou elle aurait mérité davantage cette chance. En fin de compte, nous nous décidons toujours pour un joueur ou une joueuse et jamais contre. Mais oui, il y a déjà eu des cas isolés où nous avons dû subir le désaccord d’un joueur qui n’avait pas été pris en compte. Mais nous devons être capables de gérer cela dans le cadre de notre travail.    

Comment vous assurez-vous que personne ne passe à côté ?

Dans ce domaine, nous profitons effectivement du fait que la Suisse est un petit pays. Nous pouvons dire en toute bonne conscience que nous découvrons et connaissons tous nos plus grands talents tôt ou tard. Et même une joueuse qui, pour une raison ou une autre, n’est pas encore sur notre radar, a de nombreuses possibilités de se faire remarquer. Si l’on n’obtient pas de wildcard pour un tableau principal, on peut par exemple passer par les qualifications d’un tournoi. Heureusement, nous disposons désormais en Suisse de nombreux tournois internationaux, surtout au niveau de l’ITF. Ce que nous souhaiterions encore, c’est l’organisation de l’un ou l’autre tournoi ATP Challenger ou WTA en Suisse.

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