Il y a près de dix ans, Michael Lammer faisait partie de l’équipe qui a remporté pour la première fois la Coupe Davis pour la Suisse. Comme le déclare le Zurichois de 42 ans lui-même, c’était le plus grand triomphe de sa carrière de joueur de tennis actif. Aujourd’hui, Lammer est l’entraîneur en chef des moins de 23 ans chez Swiss Tennis. Il est donc responsable de la promotion des plus grands talents du tennis de notre pays.
Garder les pieds sur terre
L’un de ces talents a fait parler de lui la semaine dernière à Paris : le Bâlois Henry Bernet (17 ans) a atteint les quarts de finales dans sa première participation à un tournoi du Grand Chelem, où il a d’abord dû passer deux tours de qualification. Un beau succès pour ce junior qui vit et s’entraîne au Centre national de performance de Swiss Tennis à Bienne. « Lors d’un tel tournoi, tu reçois plus d’attention que d’habitude et tu peux te mesurer aux meilleurs juniors du monde. Si tu vois alors que tu peux suivre le rythme et même battre des joueurs du top 5, cela renforce ta foi en toi. Il faut prendre cette confiance avec soi, tout en sachant qu’il y a encore un long chemin à parcourir entre les juniors et les pros », explique Michael Lammer. Pour Bernet, comme pour tous les talents prometteurs, il est important de se concentrer sur le travail quotidien et de ne pas penser trop fort à un éventuel grand avenir. Ce n’est pas toujours simple : « Cela commence parfois dès les tournois M12 et M14, avec des recruteurs et des managers internationaux qui se promènent et promettent la lune aux jeunes talents. On a besoin d’un bon environnement, en qui on peut avoir confiance et qui nous aide à y voir clair. A cet âge, il est important de garder les pieds sur terre. »
Ne pas toujours dire oui à tout
Lamer aime beaucoup travailler avec les jeunes athlètes, même si tous ne sont pas aussi facile à gérer : « Il y a des talents qui t’écoutent toujours attentivement et qui essaient immédiatement de mettre en œuvre tes conseils. Mais d’autres talents de mettent en défi aujourd’hui – sur le plan humain et professionnel. » Pour l’entraîneur en chef de Swiss Tennis, ce n’est pas un problème, bien au contraire. « Si tu veux être au top dans un sport comme le tennis, tu dois être spécial d’une certaine manière et tu n’as souvent pas un état d’esprit dans la norme. Ceux qui disent toujours oui à tout sont rarement les plus spéciaux », explique Lammer. Actuellement, trois jeunes joueurs font partie du cadre national A de Swiss Tennis. Outre Henry Bernet, déjà mentionné, il s’agit de Flynn Thomas et Nikola Djosic. Tous sont censés réussir un jour dans le tableau principal des tournois du Grand Chelem. On cherche actuellement en vain des membres féminins du cadre A. « Dans un petit pays comme la Suisse, nous devons accepter le fait que nous n’avons pas de joueuses et de joueurs de ce potentiel dans chaque année de naissance. Je considère donc comme un succès le fait que trois garçons aient réussi à entrer dans le cadre A », déclare Michael Lammer et décrit ainsi la situation actuelle de « sa » relève.
Dès maintenant sur Spotify, Apple Podcasts et Youtube
Lammer donne d’autres aperçus passionnants de son travail avec les meilleurs juniors de Suisse en tant qu’invité de « Let’s talk about Tennis », le podcast de Swiss Tennis. Il y parle notamment de la manière dont les talents disparaissent parfois subitement de la scène, du fonctionnement de la répartition des cadres au sein de la fédération et de l’agacement que lui cause la question qui lui est souvent posée : « Qui est le prochain Roger Federer ? »
Dans la première partie de l’entretien avec Florian Künzi, l’invité Michael Lammer discute en outre de sujets d’actualité dans le monde du tennis international : « Alcaraz vs. Sinner » sera-t-il le nouveau duel comme « Federer vs Nadal » ? La blessure de Novak Djokovic met-elle fin à son ère ? Et pourquoi certains joueurs et joueuses se préparent-ils à Wimbledon dans des tournois sur terre battue ? Le nouvel épisode de « Let’s talk about Tennis » peut être écouté dès maintenant sur Spotify, Apple Podcasts et Youtube. Chaque mois, un nouvel épisode du podcast de Swiss Tennis est publié sur les plates-formes mentionnées.




